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Je n'ai jamais dénigré le mont Beuvray.
Je suis même persuadé que ce fut un des grands sites historiques
de la Gaule. Je ne mets pas en doute ce que les archéologues ont
trouvé dans leurs fouilles, mais mon interprétation est bien
différente, notamment de celle de M. Christian Goudineau.
1° . C'est par suite
d'un concours de circonstances très particulières que le
mont Beuvray est devenu une ville gauloise.
2° . Plutôt qu'un
centre d'activités commerciales etc...etc... (p. 169, ligne 31 du
livre de M. Goudineau), le mont Beuvray était une position essentiellement
stratégique et militaire.
3° . Les importants gisements
d'amphores (p. 136, l. 29) retrouvées au cours des fouilles, lesquelles
amphores avaient d'ailleurs servi à empierrer des chemins (p. 138,
l. 14), prouvent tout simplement que des troupes militaires ont cantonné
sur le site et qu'il a fallu les ravitailler, d'où l'importance,
et des amphores et de la casse qui a suivi.
4° . La construction
rustique de la plupart des maisons (en terre, sans mortier de chaux) et
les élévations quelquefois "négligentes" des remparts
(p. 23, l. 5) doivent être interprétés comme des travaux
réalisés dans une situation d'urgence... militaire.
5° . L'importante superficie
du site du mont Beuvray a fait l'objet d'une mauvaise interprétation
(p. 19, l. 13). En effet, le classement des oppidum en fonction de leur
étendue est une erreur. Les oppidum de grande superficie ne sont
pas forcément des oppidum/capitales mais plutôt des oppidum/camps...
militaires (cf. mon "Bouclier éduen").
6° . Le fameux bassin
ovale (p. 40, l. 24), vestige certes intéressant, est toutefois
loin de valoir les colonnes et les fontaines sculptées de la ville
gauloise de Bourges. Il est en accord avec le bassin "celte" de Gergovie
(cf. mon Histoire
de Gergovie). De même, la tête d'animal d'un couteau en
bronze (p. 78) pourrait évoquer la tête du dragon de Gergovie,
et l'attache d'anse (p. 47), une tête de gorgone.
7° . Les inscriptions
en lettres grecques sur les poteries mises à jour par Bulliot (p.
12) doivent être rattachées, non pas au monde méditerranéen,
mais à l'écriture de Gergovie (cf. mon ouvrage Histoire
de Gergovie). Elles éclairent le texte de Strabon qui voyait
le territoire arverne toucher au peuple mandubien d'Alésia (ce qui
plaçait le mont Beuvray en territoire arverne). L'inscription "à
Mercure negociator" (p. 34) confirme l'influence arverne.
8° . La description que
César donne des "murus gallicus" à l'occasion du siège
de Bourges prouve seulement que les remparts de Bourges étaient
construits ainsi. L'extrapolation aux autres sites gaulois de ce style
de construction relativement récent doit être faite avec prudence.
La reconstitution de la porte du Rebout (p. 25) est discutable. Elle ne
correspond pas à la traduction que j'ai donnée du texte de
César dans mon Bouclier
éduen. Les pierres n'ont pas été jointoyées.
Exposées aux eaux de ruissellement, enfermées à l'intérieur
du mur, les poutres devraient très rapidement être attaquées
par les champignons et pourrir.
9° . La localisation
du camp de Marc Antoine sur le mont Beuvray ne s'appuie sur aucun vestige
probant et sur aucun texte (p. 34, l. 10). Par contre, le tracé
de l'oppidum-fort gaulois à cet endroit a été très
bien vu par l'avocat Garenne, premier fouilleur du mont Beuvray. Bulliot,
en occultant le tracé de cet oppidum-fort, a commis une faute très
grave. Contrairement à l'affirmation péremptoire de M. Goudineau
(p. 5, l. 36), l'ouvrage sur Bibracte de M. Garenne est loin d'être
nul. J'y ai trouvé des éléments très importants
pour mes démonstrations.
10° . M. Christian Goudineau
pose avec raison le postulat suivant: Dès lors, les historiens doivent
se poser la question suivante: à 27 km de quelle ville éduenne
peut-on trouver un champ de bataille correspondant à la description
de César? (p. 4, l. 21)», mais lui-même ne répond
pas vraiment à cette question. Mon Bouclier
éduen y répond; la bataille a eu lieu à Sanvignes.
La veille de la bataille, César se trouvait à 27 km du Mont-St-Vincent.
Je regrette que les érudits bourguignons,
ainsi que la Société éduenne, dépositaire de
la pensée de Bulliot, aient entraîné M. Christian Goudineau,
et avec lui, nombre d'archéologues et de personnalités, sur
une fausse piste.
En présentant le mont Beuvray comme le
modèle de la ville gauloise des IIème et Ier siècles
avant J.C. (p. 35, l. 3), la nouvelle archéologie a reconstruit
sur des vestiges réels un monde irréel qui n'a jamais existé,
à l'image de ces jeux modernes où les joueurs évoluent
dans un monde parallèle dont les règles ne sont pas les mêmes
que sur terre. C'est un roman. C'est toute notre Histoire qui s'en trouve
faussée.
Cette "archéologie nouvelle" fait du mont
Beuvray une plaque tournante de la Gaule (p. 169, l. 32), alors que, de
toute évidence, c'est Chalon-sur-Saône qui tenait ce rôle.
On imagine sur l'âpre mamelon de grands champs, de vertes prairies,
bref une opulence qui aurait soudain mystérieusement disparu (p.
18 et 65). On cherche avec difficulté les grands entrepôts
de blé où les armées de César venaient chercher
leur ravitaillement (p. 109, l. 30). On pense que les nombreux puits en
rapport avec l'importante population qu'on imagine ont été
comblés (p. 35, l. 36). On s'interroge sur la façon dont
les Gaulois auraient "chaulé" ce sol ingrat (p. 109, l. 10 et 20).
On s'étonne du nombre restreint de sépultures (p. 80, l.
1). On voit des maisons "romaines" dès qu'un mortier de chaux est
décelé alors que les Romains n'ont jamais mis les pieds sur
cette hauteur inhospitalière où l'on se déplaçait,
en hiver, à l'aide de crampons à glace (p.18, l. 48). Enfin,
on voit mal les habitants du mont Beuvray (les Eduens se disaient descendants
des Troyens) lire les épopées d'Homère (p. 173, l.
2).
Victime d'un raisonnement faussé à
la base, l'Archéologie nouvelle du mont Beuvray se révèle
incapable de traduire le message pourtant clair des Anciens:
Hercule (p. 146, l. 10) (colonie phénicienne
ou grecque du Mont-St-Vincent selon Diodore), s'étant uni à
l'Atlantide Astéropé (population de Gergovie sur la hauteur
du Crest, cf. mon Histoire
de Gergovie), lui donna deux fils, Iberos et keltos, ancêtres
éponymes des Ibères et des Celtes, d'après l'historien
grec Denys d'Hallicarnasse.
Quand Polype écrit qu'au nord du cours
supérieur du Rhône, vivaient les Celtes ardyens (p. 147, l.
6), on ne veut pas comprendre qu'il s'agissait, en fait, des Eduens de
Bresse (cf. mon Bouclier
éduen) et non des Eduens du mont Beuvray. De même, on
ne veut comprendre ni Strabon, ni Diodore de Sicile (cf. mes conférences),
ni le rhéteur Eumène.
Otage des érudits Bourguignons, moralement
prisonnier des fouilleurs du mont Beuvray, habité par le souci de
ne pas les decevoir, M. Christian Goudineau a cherché à recoller
tant bien que mal les morceaux de ses fouilles. Il n'y est pas arrivé.
Il faut qu'il le reconnaisse.
Bibracte au mont Beuvray?...
c'est une "chimère".
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